Principes

La bienfaisance

Cheikh Mohamad Kanso

 

Au nom de Dieu Le Miséricordieux, Le Très Miséricordieux

Dans Son Livre Sublime, verset 26 de la sourate Younouss, Dieu Le Très Haut dit :

« À ceux qui auront pratiqué le bien [sera réservé] la belle récompense et davantage encore. Aucune poussière de vilenie ni d’avilissement ne terni [l’éclat] de leurs visages. Ceux- sont les compagnons du Paradis, où ils vivront éternellement. »

Chers frères et sœurs, si nous voulons expliquer ce verset de façon simple, nous diront que Dieu Le Très Haut fait une promesse solennelle et s’engage envers le bienfaiteur à lui attribuer une récompense meilleure que ce qu’il a fait dans le monde d’ci-bas.

Cependant, méditons sur l’expression « et davantage encore » car les commentateurs se sont attardés dessus et ont essayé de nous l’expliquer et certains ont dit que c’est l’action de doubler ou de tripler ou de quadrupler et qui aller jusqu’à dix fois, et parfois des milliers de fois, selon le pourcentage de sincérité, de pureté, de piété et de la valeur de l’action.

D’autres commentateurs ont dit que c’est une sorte de récompense spirituelle qui est d’une honorabilité et d’une distinction et d’une distinction qui dépasse la récompense ordinaire et que le bienfaiteur obtienne et qui lui permet d’aller vers la lumière, telle que lumière se définit auprès du Tout Puissant, lumière divine et de bénéficier de ce grand don spirituel.

Dans certains des récits rapportés par Ahl al-Bayt (Paix sur eux), « et davantage encore » a été expliquée par l’augmentation des bénédictions mondaines que Dieu favorise les vertueux en plus de la récompense de l’au-delà.

Puis le verset ajoute : « Aucune poussière (fumée) de vilenie ni d’avilissement ne terni [l’éclat] de leurs visages. »

Sur leurs visages n’apparaitra aucun signe de fatigue, de lassitude, d’épuisement ou de perte ou d’humiliation.

Et si nous voulions donner un titre à ce verset nous dirons « la bienfaisance ». Mais pouvons-nous parler de « la bienfaisance » sans parler du « bienfaiteur » ?

Non bien sûr !

Qui est alors le bienfaiteur et quelles sont ses caractéristiques et ses qualités ?

C’est une personne d’une probité absolue, une personne intègre, sage et vertueux ;

C’est une personne loin et libérée de toute maladie de radinerie, loin et libérée de tout attachement à ses passions et à ce bas-monde, une personne qui vie en toute sincérité son humanité ;

C’est une personne qui a un cœur pur, qui prend conscience et comprend les autres, une personne bienveillante et généreuse, accueillante et hospitalière.

Le Coran nous dit dans le verset 16 de la sourate La Grande Perte : « Ceux qui se gardent d’avarice seront heureux »

Nous pouvons comprendre dans ce verset que ceux qui se débarrassent de la cupidité ce sont eux qui réaliseront un succès.

Le bienfaiteur est le maitre de sa tribu, le plus noble et honoré de son peuple ou le plus digne d’estime de la masse de sa population.

À ce propos le prophète (Que Les bénédictions de Dieu soient sur lui ainsi que sa famille) a dit : le plus noble, le plus honoré et le plus digne d’estime de son peuple est leur serviteur.

L’Imam Al Baqir (Paix sur lui) a dit que le prophète (Que Les bénédictions de Dieu soient sur lui ainsi que sa famille) a été questionné sur celui qui est plus aimé de Dieu parmi les gens et il a répondu ; c’est celui qui procure des avantages aux gens et qui leur est plus utile.

Imam Al-Hussein (Paix sur lui) a dit : « Sachez que les besoins que les gens vous soumettent sont des faveurs et des bénédictions que Dieu vous accorde. Alors ne les redirigez pas vers d’autres en vous lassant ou en fermant votre porte aux besogneux ou en fuyant les gens ! »

Quels sont les types de bienfaisance ?

La bienfaisance dans le verbe et la bienfaisance dans l’action.

Dieu dit dans la sourate ‘Le Pèlerinage’, verset 24 :
ils ont éguidés vers la bonne parole et ils ont éguidés à la voie de [Dieu] Digne de louange »

En effet toute bonne parole est une bienfaisance. Et en ce qui concerne la bienfaisance par l’action, L’imam Sadiq (Paix sur lui) a dit : « celui qui œuvre pour répondre au besoin de son frère musulman, Dieu répondra à son besoin comme il l’a fait pour son frère »

L’imam Al-Baqir (Paix sur lui) a déclaré : « sourire à un frère musulman est un bienfait, lui enlever ce qui le blesse ou le rend soucieux est aussi un bienfait, mais parmi les adorations que Seigneur aime beaucoup, c’est faire entrer le bonheur dans le cœur de son frère croyant »

Notons bien chers frères et sœurs que la bienfaisance est une mission humanitaire et il n’est pas permis de la soumettre à des conditions. Alors quiconque veut vivre profondément son humanité ne doit pas fixer de conditions pour servir les gens et les aider.

Notons également que la bienfaisance est un commerce avec Dieu, c’est un prêt à Dieu qui n’attend pas de retour de la part des gens et ne peut être attaché à l’arrogance ou à la faveur.

Dieu Tout-Puissant dit dans la sourate ‘Le Fer verset 11 : « Qui donc va prêter à Dieu un beau prêt, IL le lui double  Et il aura une généreuse rétribution. »

Notons enfin chers frères et sœurs que le regard sur la bienfaisance et le rappel réduit en cendre la bienfaisance comme le feu consume le bois et Dieu nous met en garde dans la sourate ‘Le revêtu d’un manteau’ verset 6 : « Ne rappelle pas, ne surestime pas [tes dons et tes actes] »

La bienfaisance n’a pour vis-à-vis que la bienfaisance et pour preuve Dieu dit dans la sourate ‘Le Tout Miséricordieux’ verset 60 : « Y a-t-il autre récompense pour la bienfaisance que la bienfaisance ? »

La réponse à cette question à cette question s’illustre parfaitement dans l’histoire suivante :

Un jour, une femme riche s’est retrouvée coincée sur une autoroute à cause de sa voiture qui était tombée en panne. Paniquée et ne sachant pas quoi faire, la femme sortit de la voiture et décida de demander de l’aide à l’une des voitures qui passait, en agitant la main ; cependant les voitures roulaient à très grande vitesse et les conducteurs l’ignoraient et continuaient sur leur chemin.

Peu de temps après, il a commencé à menacer de pleuvoir et aussi l’obscurité commençait à apparaître et elle a eu très peur.

Soudain, une vieille voiture conduite par un jeune homme brun foncé, s’est arrêtée, la femme l’a regardé avec un air hésitant et méfiant ; est-ce qu’il faut lui demander de l’aide ou non, car elle avait peur et pensait à tout ce qui pourrait lui arriver, n’étant jamais sûr de qui peut être malintentionné ou non, mais aussi, n’ayant pas trop le choix, étant donné que rester toute seule dans cet endroit, la nuit, peut s’avérer encore plus dangereux. Finalement elle décida de demander de l’aide au jeune homme, ce qu’il accepta volontiers.

Sur le chemin, elle a demandé au jeune homme son nom et son travail, car celui-ci montrait des signes de pauvreté et de quelqu’un qui avait besoin d’argent ; le jeune homme lui a dit qu’il s’appelait Adam et qu’il travaillait comme chauffeur de taxi, et donc la femme était un peu plus rassurée.

Le jeune homme conduisait tranquillement et ne la regardait même pas, et pendant ce temps également, dans sa conscience elle se disait qu’elle allait lui donner tout ce qu’il demanderait comme prix. En effet le jeune s’était montré très poli et n’a pas essayé de l’ennuyer de quelque manière que ce soit, jusqu’à ce qu’elle atteigne la ville.

Arrivée à destination finale, la femme lui avait demandé directement combien il demandait pour le trajet et le jeune homme répondit simplement : Rien !!

Puis la femme lui a dit : « Vous m’avez aidée et vous ne voulez pas recevoir de récompense et elle a insisté ! »

Alors le jeune homme lui a dit : « Ma récompense est de faire du bien avec qui que ce soit et sans condition ; si vous insistez, alors aidez la première personne que vous rencontrez lorsque vous réalisez qu’elle est vraiment dans le besoin ! », et ils se séparèrent.

La femme descend de la voiture avec un grand étonnement, à propos de la générosité incroyable et des bonnes manières de ce jeune homme et qu’elle ne croyait plus possible de nos jours.

Quoi qu’il en soit, elle a continué son chemin jusqu’au premier café, alors elle entra et demanda à la serveuse de lui apporter une tasse de café. Mais ce qui avait attiré son attention c’était le visage pâle de la serveuse et l’air fatigué qu’elle avait et que son ventre était gros comme celui d’une personne qui était au terme de sa grossesse. Elle ne manqua pas de lui parler. Et lorsqu’elle lui demanda pourquoi elle ne se reposait pas chez elle au lieu de travailler dans son état, la jeune fille lui a dit qu’elle était sur le point d’accoucher et qu’elle avait besoin de ressources suffisantes pour préparer l’arrivée du bébé.

Ensuite, la travailleuse s’est éloignée en direction de la caisse pour ensuite revenir avec le montant restant de l’addition car la femme lui avait donné un billet dix fois supérieur au prix du café. A son retour et à sa grande surprise, la serveuse n’a pas trouvé la femme, elle l’a cherchée sans succès, pour lui remettre la monnaie. Et curieusement, elle a trouvé un papier sur la table où elle a servi la femme, avec une note de cette dernière qui disait : « je suis partie, gardez la monnaie et je vous ai laissé sous la table un cadeau pour votre bébé »

La serveuse a presque pleuré de bonheur lorsqu’elle a vu une grosse somme égale à 6 fois son salaire mensuel sous la table, elle avait les larmes aux yeux, des larmes de joie. Elle a demandé toute de suite de partir et a couru pour rentrer chez elle et raconter à son mari ce qui s’est passé.

Elle entra rapidement dans la maison, appelant son mari, qui s’émerveilla de son retour plus tôt que d’habitude. Elle l’embrassa avec impatience et lui dit : « Bonne nouvelle, Adam ! Dieu Le Très Haut nous a accordé sa grâce et nous a honoré. »

Chers frères et sœurs la bienfaisance ne se perd jamais si nous savons bien la préserver ; alors soyons des bienfaiteurs qui œuvrent pour la cause et l’agrément de Dieu dont La Générosité est Infinie et n’attendons des gens ni récompense ni gratitude.

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