Lois

Les droits de l’homme en Islam

Les devoirs de l’homme envers ses parents

Les parents sont à l’origine de la naissance et de la première phase de l’éducation de leurs enfants. C’est pour cela que l’Islam a tellement mis l’accent sur le respect et l’obéissance qu’on doit aux parents, qu’Allah nous ordonne dans le Saint Coran d’abord de croire au monothéisme et, tout de suite après, d’être bons envers nos parents :

«Votre Seigneur vous commande de n’adorer que Lui Seul, et d’être bons envers vos parents.» (Sourate Banî Isrâ’îl, 17 : 23)

Dans les Traditions qui évoquent les péchés majeurs, le mauvais traitement infligé aux parents est mentionné dans l’ordre juste après le péché de polythéisme. En outre, dans le même Verset coranique précité, Allah nous demande combien et comment il faut nous montrer attentifs et reconnaissants envers nos parents :

«Si l’un de tes parents, ou bien tous les deux, atteignent la vieillesse de ton vivant, ne les accable pas de remarques inconvenantes, ni ne les repousse, mais adresse-leur plutôt des paroles respectueuses, incline vers eux, avec bonté, l’aile de la tendresse, et dis : « Mon Seigneur ! Accorde-leur Ta Miséricorde, pour m’avoir élevé quand j’étais un enfant »» (Sourate Banî Isrâ’îl, 17 : 23)

En Islam, l’obéissance aux parents est obligatoire, sauf s’ils nous interdisaient d’accomplir nos obligations religieuses ou s’ils nous demandaient de commettre des actes illicites.

Il a été établi par l’expérience que ceux qui font mal à leurs parents n’atteignent pas au bonheur et à la prospérité dans leur vie, et sont finalement privés du Salut.

La désobéissance aux parents

Dans une maison, les enfants ont, avec leurs parents, un lien aussi inséparable que celui d’un arbre avec ses racines. Tout comme les branches d’un arbre doivent leur existence à ses racines, les enfants aussi doivent la leur à leurs parents. Et étant donné que la société humaine est composée de deux groupes, les parents et les enfants, la vraie racine de la société, ce sont les parents. Le fait de mal se comporter envers les parents et de les maltraiter est non seulement un acte d’une extrême lâcheté, mais aussi la cause de la dégradation et de la destruction de la société elle-même, car si les enfants ne respectent pas les parents, ceux-ci répondront par une indifférence envers ceux-là, et si les enfants traitent leurs parents avec mépris, ils ne pourront pas espérer recevoir un traitement meilleur de la part de leurs propres enfants et, au moment de leur vieillesse ou de leur infirmité, rien ne les autorisera à s’attendre à un traitement affectueux de leur part, ce qui ne manque pas de conduire à une méfiance générale à l’égard de la famille, et c’est ce que l’on observe chez les jeunes de nos jours.

En un mot, l’ingratitude envers les parents peut déboucher sur la méfiance vis-à-vis de la constitution d’une famille et, à long terme, à la rupture de l’enfantement et l’arrêt de la procréation, car tout homme de bon sens ne peut gaspiller sa vie précieuse à l’arrosage d’une plante dont il ne pourra pas goûter les fruits ou sous l’ombre de laquelle il ne pourra pas se reposer. En d’autres termes, personne n’accepterait de ne récolter, pour seul fruit des efforts qu’il aura déployé toute sa vie, que l’agonie. Certes, d’aucuns pensent que le gouvernement pourrait allouer des primes de procréation en vue d’assurer la perpétuation des générations. Mais personne ne peut ignorer que tout système social dépourvu de sentiments et d’émotions humains, tels que le sentiment naturel d’amour et d’affection entre parents et enfants, ne pourra survivre longtemps. En supprimant une de ses tendances naturelles, l’homme se prive de beaucoup de plaisirs spirituels.

Les droits des enfants sur les parents

Le résultat de tout travail qu’un employé accompli au profit d’un employeur s’appelle le « droit » de l’employé, et le travail effectué s’appelle « devoir » ou « obligation ». Si un homme emploie un travailleur moyennant salaire, le paiement du salaire est le devoir de l’employeur, et la perception du salaire est le droit du travailleur. Si l’employeur ne paie pas le salaire, c’est le droit du travailleur de le lui réclamer.

Nous savons tous que l’homme n’a pas été créé pour vivre éternellement et, après tout, il devra quitter ce monde tôt ou tard. C’est pourquoi Allah Tout-Puissant a introduit le système de reproduction, afin que les gens puissent engendrer des enfants, et pour que ce système fonctionne normalement, Il les a dotés d’une tendance naturelle à la procréation, ce qui permet à l’espèce humaine d’être à l’abri de l’extinction.

Etant doté de cette tendance à la procréation et à la perpétuation de son espèce, il est tout à fait naturel que l’homme pense que sa progéniture fait partie de son propre corps, et qu’il considère la vie de celle-ci comme sa propre vie. L’homme investit tous ses efforts, et endure beaucoup, pour assurer le confort et le succès de la vie de sa progéniture, car il considère la destruction de ses enfants comme équivalent à sa propre destruction. En fait, il ne fait qu’accomplir le processus de procréation de l’espèce humaine. Il en résulte qu’il est obligatoire pour les parents de souscrire à ce principe qui est en parfaite harmonie aussi bien avec sa conscience humaine qu’avec sa Loi religieuse. Par conséquent, les parents doivent élever leurs enfants de la meilleure façon, afin qu’ils grandissent comme des personnes civilisées. Ils doivent leur fournir tous les moyens et commodités qu’ils estiment nécessaires pour eux-mêmes.

Voici quelques conseils aux parents, pour qu’ils s’acquittent convenablement de leurs devoirs envers leurs enfants :

1) Dès la naissance d’un enfant, les parents doivent poser les fondations de sa bonne conduite morale et de ses vertus, éviter de l’effrayer avec des contes superstitieux, et l’écarter de tous actes répréhensibles. Ils ne doivent ni mentir, ni prononcer des mots grossiers et indécents devant lui. Ils doivent eux-mêmes accomplir des actes nobles afin de lui inculquer l’esprit de bien, et lui suggérer ainsi l’accomplissement de bonnes actions lorsqu’il sera grand. Ils doivent également lui montrer le travail dur, le courage, le sens de la justice, la gentillesse, etc. afin de susciter en lui ces qualités, conformément à la « loi du transfert du sens de la morale ».

2) Ils doivent prendre soin des besoins essentiels de leur enfant, tels que la nourriture et autres nécessités de la vie, et ce jusqu’à ce qu’il devienne indépendant. Ils doivent veiller à sa santé et à son hygiène, afin qu’il puisse recevoir son éducation et sa formation avec un esprit et un corps sains.

3) Lorsque l’enfant atteint l’âge de la scolarité, soit à l’âge de sept ans environ, ils doivent louer pour lui les services d’un tuteur ou d’un éducateur, avec des qualités de bon instituteur, afin de lui assurer une éducation et une formation saines, et pour qu’il soit versé dans le raffinement spirituel, la modération, la tolérance et la bonne conduite.

4) Lorsque l’enfant atteint l’âge de la majorité, ses parents doivent l’emmener avec eux lors des visites qu’ils rendent aux proches, ainsi qu’à la Mosquée et aux réunions sociales, afin de lui assurer un entraînement pratique en matière de comportement, coutumes et manières en société.

Le respect des aînés

Respecter les gens plus âgés que soi est aussi une obligation en Islam. Le Prophète (Ç) dit : «Respecter les aînés, c’est respecter Allah

Les droits des proches parents

Les proches (ceux qui ont un lien de sang avec nous) des côtés paternel et maternel sont les membres constituants d’une société, et on devient un membre de la famille par le lien du sang et les cellules communes. A cause de ces liens du sang, l’Islam commande à ses adeptes de traiter leurs proches parents avec bonté. Cet aspect du devoir du Musulman a été souligné aussi bien dans le Saint Coran que dans les Traditions des Dirigeants de l’Islam. Ainsi, Allah dit, dans le Coran :

«O gens ! Craignez votre Seigneur par le Nom de Qui vous jurez d’aplanir vos différends et de respecter vos proches parents. Allah vous observe certainement.» (Sourate al-Nisâ’,4 : 1)

Quant au Prophète (Ç), il dit à ce propos : «J’exhorte mes adeptes à faire montre de bonté envers leurs proches parents, et à ne pas couper leurs liens avec eux, même si une distance d’un an (écoulé) les sépare d’eux.»

Les droits des voisins

Puisque les voisins, du fait qu’ils vivent les uns près des autres, sont comme les membres d’une grande famille, la conduite de chacun d’eux a un impact direct sur les autres. Quelqu’un qui fait du bruit chez lui pendant la nuit ne dérange pas les gens qui vivent à bonne distance de lui, mais empêche ses voisins immédiats d’avoir la paix et la tranquillité d’esprit. Un homme riche qui passe sa vie dans son château luxueux peut être à l’abri des regards des gens pauvres habitant à une distance respectable, mais à tout moment il ravage le cœur d’un voisin vivant dans une cabane vétuste et menant une vie d’extrême misère. Et un jour viendra où cet homme riche recevra la punition qu’il mérite pour son comportement envers son voisin pauvre. C’est pourquoi l’Islam a mis avec force l’accent sur la nécessité de penser aux voisins. En effet, le Prophète (Ç) dit : «L’Ange Jibrîl [Gabriel] plaidait tellement en faveur des droits des voisins que j’ai pensé qu’Allah allait décréter un jour les voisins de quelqu’un ses héritiers.» Il dit aussi : «Celui qui croit en Allah et au Jour du Jugement n’est jamais injuste envers ses voisins. S’ils lui demandent un prêt, il le leur consent. Il partage leurs joies et leurs peines. Il ne tourmente pas ses voisins, seraient-ils des infidèles.» Il dit encore : «Celui qui crée des difficultés à ses voisins ne sentira pas le parfum du Paradis. Celui qui n’accorde pas aux voisins la considération due à leurs droits sur lui, n’est pas des nôtres. Celui qui mange à satiété tout en sachant que son voisin a faim, et tout en omettant de lui offrir quelque chose à manger, n’est pas Musulman.»

Les devoirs envers les pauvres et les nécessiteux

Il ne fait aucun doute que la société existe pour répondre aux besoins de ses membres et, par conséquent, chacun de ces membres a le devoir de venir en aide aux nécessiteux qui ne sont pas en mesure de se procurer les moyens nécessaires à leur subsistance.

A notre époque, il est devenu évident qu’en contraste avec les difficultés et les malheurs des pauvres, l’opulence dans laquelle vivent les riches -et qui les met à l’abri de toutes restrictions- représente un danger potentiel risquant de détruire l’édifice même de la société, destruction qui aurait pour premières victimes les riches eux-mêmes.

Prenant en considération ce danger, il y a mille quatre cents ans déjà, l’Islam a ordonné que chaque année les riches doivent distribuer une certaine part de leur richesse aux pauvres et aux nécessiteux, afin que ceux-ci puissent subvenir à leurs besoins et avoir quelque chose de plus pour leur bien-être. Allah dit, à ce propos :

«Vous n’atteindrez pas à la piété tant que vous ne donnerez pas en aumône une partie de ce que vous aimez beaucoup, pour la cause d’Allah.» (Sourate Âl ‘Imrân, 3 : 92)

D’innombrables Traditions nous parlent des mérites de l’action d’aider les autres. Ainsi, le Prophète (Ç) dit : «Le meilleur d’entre vous est celui qui se montre le plus serviable envers les autres.» Il dit aussi : «Le Jour du Jugement, celui qui aura la position la plus proche d’Allah sera celui qui aura été le plus bienfaisant envers les serviteurs d’Allah.»

Les devoirs de l’individu envers la société

Nous savons tous que l’homme travaille en collaboration avec les autres pour le bénéfice de tous et de chacun. La société, qui est constituée d’individus, ressemble à un homme immense, dont chacun des organes est comme un individu. Chacun des organes particuliers de cet homme accomplit une fonction spécifique, et bénéficie également des fonctions assurées par les autres organes. Si chaque organe se contente de remplir seulement sa fonction individuelle sans aider les autres organes, par exemple si les mains et les pieds font leur travail sans la coopération des yeux, ou si la bouche limite sa fonction à la mastication des aliments sans transmettre ceux-ci à l’estomac, l’existence de l’homme finira par cesser, et les organes en question connaîtront le même sort.

En ce qui concerne la société, le devoir de ses membres, les individus, est semblable à celui des organes du corps humain. Autrement dit, l’homme doit rechercher son intérêt à travers les intérêts de la société dans son ensemble, et dans tout ce qu’il entreprend il doit prendre en considération le bien de la société afin de pouvoir goûter les fruits de son dur labeur. L’homme doit essayer de faire bénéficier les autres, afin de recevoir des bénéfices lui aussi. Il doit protéger les droits des autres afin que ses propres droits soient protégés. C’est là un point que l’on peut comprendre par le bon sens et la perspicacité. L’Islam, qui est fondé sur les réalités et les faits de la création, ne dit pas autre chose…

Ainsi, le Prophète (Ç) nous dit : «Un Musulman est celui des mains et de la langue de qui les autres Musulmans sont à l’abri.» Il dit, par ailleurs : «Les Musulmans sont des Frères les uns pour les autres, et face aux autres ils ont une seule main commune, un seul cœur commun, et un seul objectif commun.» Et il affirme, dans une autre Tradition : «Celui qui ne se préoccupe pas des affaires des Musulmans n’est pas Musulman.»

On rapporte que lorsque le Prophète (Ç) partit vers les lignes romaines, pour la campagne de Tabûk, trois Musulmans ne rejoignirent pas l’armée et ne participèrent pas à la campagne. Lorsque les soldats Musulmans retournèrent à Médine, les trois Musulmans en question sortirent pour les accueillir et saluer leur retour. Mais le Prophète détourna son visage et ne répondit pas à leurs salutations, et fut suivi en cela par les autres Musulmans. Ayant constaté que, dans toute la ville de Médine, personne -même leurs propres épouses- ne leur adressait plus la parole, ils montèrent sur la colline pour passer leur vie à prier Allah, et Lui demander de leur pardonner et d’accepter leur repentir. Après quelques jours, Allah leur ayant pardonné, ils retournèrent en ville. Cet incident montre l’importance que l’Islam attache à la participation de l’individu aux affaires et préoccupations de la Communauté.

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