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Message aux jeunes à l’occasion de la commémoration du martyr de l’Imam Al-Hussein (Achouraa)

Cheikh Mohamad Kanso

Au nom de Dieu Le Miséricordieux Le Miséricordieux
Chers jeunes, ces jours-ci nous vivons la commémoration de Achoura, du martyr de l’Imam Al-Hussein et d’un groupe composé des membres de sa famille et de ses compagnons à Karbala. C’est ce que nous faisons tous les ans, aussi nous essayons d’en tirer des leçons et des profits pour notre vie d’ici-bas et pour notre vie dans l’au-delà.
Sans aucun doute, cette révolution de l’Imam Al-Hussein, ce sacrifice de soi au bénéfice d’autrui, ce grand carnage qui s’est produit il y a des années, est revécu par les partisans de l’école d’Ahloul Bayt comme si c’était hier.
Nous disons qu’il est obligatoire de revivre chaque année cet évènement qui nous rappelle Achoura afin que cela se transforme en une école où nous apprenons les principes de notre religion, une école où nous apprenons comment nous rapprocher de Dieu Le Très Haut, aussi comment en tirer profit dans notre vie comme dans notre mort.
Par contre, Achoura ne doit pas être une occasion pour approfondir d’avantage les dissemblances due à la divergence de points de vue entre les musulmans ; non plus, cela ne doit pas être une opposition entre des groupes de musulmans.
Dieu nous dit dans le Coran : « Et nul ne portera le fardeau d’autrui. » verset 15, sourate Le voyage nocturne.
En d’autres termes, nul ne portera les péchés d’un autre.
Et lorsque nous célébrons Achoura, nous ne pouvons pas dire à d’autres frères musulmans qu’ils sont responsables de l’assassinat de l’Imam Al Hussein (p). Non plus, nous ne voulons pas que Achoura soit un évènement des Chiites contre les sunnites ou d’autres. Nous voulons au contraire que cela soit un évènement qui réunit les musulmans dans leur totalité.
Ce qui est sûr et certain, c’est qu’il n’existe aucun musulman, quelle que soit son école ou sa doctrine, qui soit d’accord et satisfait de ce qui est arrivé à l’Imam Al Hussein, ce jour-là. Personne ne peut être d’accord que le petit-fils du prophète soit injustement tué dans les conditions que tout le monde connait.
Pour cela, dans ces occasions, nous appelons à tout orateur d’éviter tout ce qui suscite la désunion au sein de la communauté musulmane. Également, Achoura ne doit pas être seulement une occasion où l’on répète certaines habitudes, sans que cela nous soit profitable ou bénéfique. Surtout, nous devons faire très attention à la manière dont nous la célébrons.
Malheureusement, dans beaucoup de lieux où Achoura est célébrée, nous voyons un véritable spectacle avec une chorégraphie et même des actes qui heurtent les conceptions admises et qui vont à l’encontre de la logique, de la science et de la religion.
Si nous voulons exprimer notre tristesse profonde liée à cet événement, notre témoignage de sympathie devant cette douleur et notre amour pour Imam Al-Hussein (p), sa famille et ses compagnons, pourquoi nous nous adonnons à certaines pratiques qui renvoient à l’ignorance et à l’idiotie ?
Ne savez-vous pas que cela donne une idée fausse de cet évènement et de toutes les personnes qui s’y sont attachées ?
Même s’il y en a certains qui le reconnaissent, l’approuvent et l’encouragent, nous leur disons d’avoir un sentiment de compassion pour la religion et de ne pas jeter le discrédit sur l’islam.
Personne ne sait quel est le rapport entre aimer Imam Al-Hussein puis suivre sa voie et se donner des coups de sabre sur la tête et faire couler le sang ou se frapper avec un fouet.
Quelle est son utilité ?
Est-ce que nous en tirons des leçons ?
Où cela nous mène-t-il ?
Ces pratiques nous rapprochent-elles davantage de Dieu ?
Est-ce qu’elles nous font connaitre davantage Imam Al-Hussein, le prophète et le Livre de Dieu ?
À travers ces pratiques, comprenons-nous mieux Achoura, sa philosophie ou la dimension de la révolution de l’Imam Al Hussein ?
Au contraire il y a plus de danger que de choses qui servent réellement.
Au fait, c’est quoi Achoura ?
C’est quoi la révolution de l’Imam Al-Hussein ?
Pourquoi et quel était le but ?
Manifestement, Imam Al-Hussein s’était engagé de façon légitime et conforme à la foi, dans une action de réparation de toutes les erreurs qui entachaient l’islam ; il s’était levé contre le mal qui se répandait et qui se développait de façon insensible et de nature moralement néfaste et nuisible.
La perversion, la tyrannie et autres étaient incarnés par la toute puissance dominante, le commandeur des croyants, Yazid Ibn Mou’awiyah.
Pour l’Imam Hussein, il était devenu absolument nécessaire et urgent de se soulever et de restaurer la position de l’islam car, devant cette situation, le silence lui était interdit.
Les musulmans, dans la plus grande majorité, étaient inconscients, endormis et colonisés par les pratiques du pouvoir ; et l’Imam Hussein, avec un tout petit nombre de croyants, constitués par sa famille (y compris femmes et enfants), et ses compagnons, se trouvaient dans une position opposée au pouvoir.
C’est pourquoi, lorsque nous étudions les paroles de l’Imam Al Hussein avant Achoura, nous verrons qu’il savait bien qu’il allait être tué et qu’il s’était préparé à mourir en martyr et laisser un message par son sang, le sang de sa famille et celui de ses compagnons ; un message capable de réveiller les consciences et de permettre aux musulmans de changer de position par rapport à l’islam.
Chers jeunes, dans cette révolution, la première leçon à tirer est la réconciliation avec nous-mêmes, avec la vérité et le vrai, avec le bon et le bien.
Nous devons corriger nos erreurs et renforcer notre morale, vaincre le mal qui est en nous et tout ce qui peut s’avérer nuisible pour nous-mêmes et pour les autres.
Nous devons observer et étudier nos pensées intérieures et sentiments, résoudre nos problèmes et remédier à nos défauts, améliorer nos points faibles puis nous dompter, nous éduquer, nous moraliser et nous humaniser.
En tant qu’éducateur, nous ne pouvons pas éduquer des enfants, les mettre sur la bonne voie, si, nous-mêmes sommes mal-élevés et sans aucune valeur morale ; de même, en tant que parent, si le sens morale de notre personne est dénaturé, comment pouvons-nous transformer celui de nos enfants dans la bonne direction ?
En clair, Achoura est une école de remise à niveau de l’individu dans tous les sens de l’expression et non une école de pleurs comme le comprennent certains. Et puis, l’Imam Al-Hussein n’a pas besoin de nos pleurs mais plutôt de notre raison, de notre bon sens et de notre cerveau qui sert à réfléchir ; il a plus besoin de notre action et de nos actes allant dans le sens de son message plutôt que notre sang ou nos habits noirs.
Mais attention ! Soyons clairs !
Nous ne sommes pas contre les pleurs, non plus nous ne disons pas de supprimer les habits noirs, non !
Au contraire nous devons bien sauvegarder cette commémoration, ses séances ainsi que ses traditions, mais dans les limites du raisonnable.
Nous disons simplement que nous devons donner une importance particulière aux actions qui produisent des résultats favorables pour nous-mêmes, nos familles et proches, des actes ayant un impact positif dans notre religion et notre vie.
Nous disons que les pleurs doivent nettoyer nos cœurs afin de nous débarrasser de nos tares, nous conscientiser sur nos responsabilités, envers nous-mêmes, notre entourage et notre société.
Nous disons que les frappes sur nos poitrines devraient nous rapprocher d’avantage de Notre Seigneur, nous réconcilier avec notre religion, notre livre et les enseignements de notre prophète ainsi que ceux des membres de sa famille.
En d’autres termes, nous disons qu’assister aux séances de Achoura devrait susciter des chantiers sur la réforme, la réconciliation avec la morale, la religion, le Coran, la science, le développement et autres encore afin que cela fasse effet sur la société entière, sur la vie d’ici-bas et sur l’au-delà.
Chers jeunes, la société a besoin de cette réforme qui n’est pas sous la responsabilité des religieux ou éducateurs ou hommes de sciences, mais sous la responsabilité de chacun.
C’est pourquoi nous trouvons dans les branches de la religion ’ordonner le bien et interdire le blâmable’ qui est une responsabilité individuelle comme la prière et le jeune.
Prenons l’exemple de groupes de personnes voyageant dans un bateau qui, en pleine mer, se trouve troué au niveau de la partie arrière et du coup faisant rentrer l’eau dans le navire. Est-ce la responsabilité des gens de derrière seulement de remédier à ce dommage ou bien chacun doit s’atteler à la tâche ?
Un autre exemple simple !
Si toute une ville est frappée par une inondation qui s’aggrave de plus en plus ; est-ce que les habitants doivent seulement sécuriser leur demeure et empêcher l’eau de pénétrer ou chacun doit sortir et œuvrer selon ses moyens pour que l’eau soit évacuée hors de la ville ?
Et revenons un peu à l’Imam Al-Houssein !
S’il était tranquillement resté chez lui et avait manifesté son accord avec ce que faisait Yazid, surement il ne serait pas tué et ce qui est arrivé à Karballa ne serait pas arrivé.
Mais il n’avait pas une vision limitée à sa propre personne, mais plutôt réfléchissait pour toute une communauté et pour toutes les générations à venir ; c’est pour cela qu’il avait cette position et a fait ce qu’il a fait.
Alors chers jeunes, dans Achoura, nous devons continuer son œuvre et son message, donner un sens au sang versé, et non suivre la masse de façon mécanique, sans comprendre la philosophie et sans cueillir les fruits issus de cette grande révolution.
Nous appelons à ce qu’Achoura soit un rassemblement qui fait naitre la lumière de la science et de la connaissance et que cela se transforme en de véritables lieux d’apprentissage.
Posons-nous juste de simples questions !
Est-ce que l’état dans lequel nous sommes en entrant dans une assemblée est le même lorsque nous en sortons ?
Est-ce que notre niveau de connaissance s’est amélioré ou pas ? Quel est l’intérêt d’assister à ces assemblées pendant une dizaine de jours si nous n’en tirons aucun profit ?
Ne cherchons pas seulement les récompenses auprès de Dieu en y allant, mais aussi les fruits dans ce monde d’ici-bas dans laquelle nous vivons.
N’oublions pas l’importance de cette vie, surtout s’il s’agit de la lumière qui nous guide vers le droit chemin, vers la sagesse, la raison et la science, nous facilite les choses et nous aide à accomplir notre mission sur terre.
Chers jeunes, rendons-nous aux assemblées comme nous nous rendons dans les lieux du savoir et cherchons à connaitre l’islam pur, l’islam vrai, en dehors de toute considération partisane ou doctrinale.
Servons-nous de la balance de la raison et de la logique et celle du Prophète et de sa famille !
Servons-nous de la boussole des gens de cette famille qui n’ont rien laissé dans leurs enseignements pouvant guider et éclairer !
Chers jeunes, servons-nous de la sagesse de ces gens qui ont laissé toutes les jouissances de ce bas-monde et qui ont sacrifié ce qu’ils aimaient le plus pour l’amour de Dieu Le Très Haut.

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