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Récit du Martyre de l’Imam al-Hussein : Wahab fils d’Abdallah

L’un après l’autre, les fidèles Chiites de l’Imam s’avancèrent face à l’ennemi. L’un après l’autre ils combattirent avec fougue. L’un après l’autre ils envoyèrent en Enfer un grand nombre des suppôts de Yazid. Quand arrivait son tour de s’effondrer, épuisé par les nombreuses blessures qu’il avait reçues, chacun d’eux criait à l’adresse de l’Imam al-Hussein :

– O mon Maitre ! Je t’envoie mes dernières salutations !

Alors, à chaque fois, l’Imam al-Hussein, accompagné de son frère Abbas et de son fils Ali Akbar, se précipitait sabre au clair, afin d’être aux cotés de son ami pour le réconforter dans ses derniers instants.

Depuis le matin, l’Imam al-Hussein n’avait pas cessé d’assister de la sorte ses fidèles, de prendre dans ses bras leur corps sans vie, et de les ramener l’un après l’autre au campement. Sur chacun d’eux il pleurait abondamment, se rappelant leur affection pour lui, leur profonde dévotion et leur esprit de sacrifice. La mort de chacun de ces fidèles amis était pour l’Imam al-Hussein une blessure douloureuse.

Ces hommes courageux n’avaient pas leurs familles auprès d’eux, à Karbala, pour leur rendre les derniers hommages et pleurer leur mort. Mais les sœurs et les filles de l’Imam al-Hussein, ainsi que les dames de sa Maison, les pleuraient comme elles l’auraient fait pour leurs propres frères ou leurs propres fils.

Wahab fils d’Abdallah était un tout jeune homme. Il s’était marié deux jours à peine auparavant quand, retournant chez lui avec sa mère et sa jeune épouse, il était passé par Karbala. Il y avait vu un grand rassemblement de troupe, encerclant un minuscule campement.

Il alla aux nouvelles, et apprit ainsi que l’armée de Yazid était sur le point de massacrer le petit-fils du Saint Prophète qui refusait d’accepter la « direction spirituelle » du Calife débauché. La mère de Wahab, dame courageuse et fidèle Chiite de l’Imam Ali, vivait à Damas quand Moawiyah, le père de Yazid y régnait. Elle avait publiquement dénoncé sa tyrannie et sa déviation religieuse, ce qui lui avait valu d’être emprisonnée et torturée, avant d’être finalement chassée de la ville.

Elle avait transmis à son fils l’amour sans faille qu’elle portait aux Saints Imams. C’est donc sans hésitation aucune que les trois voyageurs avaient rejoint l’Imam al-Hussein et ses quelques défenseurs. Depuis le matin, Wahab ne cessait de supplier l’Imam al-Hussein de lui permettre de se lancer sur le champ de bataille et d’y offrir sa vie pour le défendre.

Chaque fois, l’Imam le renvoyait, lui disant que sa mère et son épouse avaient besoin de lui. Lorsque tous les amis de l’Imam al-Hussein eurent reçu le Martyre, et qu’il ne resta plus auprès de lui que les membres de sa Famille, Wahab une fois encore tenta sa chance. L’Imam lui répondit qu’il ne pourrait l’autoriser Ó combattre que s’il obtenait la permission des deux femmes dont il avait la charge.

La mère de Wahab, qui se trouvait juste à coté, répondit directement à I’Imam al-Hussein :

– Je l’ai nourri de mon lait dans son enfance, mais je ne le considérerai comme mon fils que s’il meurt en te défendant, comme l’ont fait avant lui tes autres Chiites !

Des larmes dans les yeux, la jeune épouse de Wahab parla à son tour :

– Wahab, ton premier devoir, et le plus important de tous, est de défendre le petit-fils du Prophète et sa sainte Famille, même si ce doit être au prix de ta propre vie. J’espère te revoir au Paradis. Je demande à Dieu que nos retrouvailles ne se fassent pas attendre !

Puis elle ajouta :- Je sais que les hommes de Yazid ne laisseront en vie aucun des hommes de la Famille de l’Imam al-Hussein. Quant à nous, les femmes, nous serons toutes prises comme esclaves… Sans doute les femmes de la Famille du Prophète seront-elles traitées avec quelque respect, mais nous autres… Ta mère et moi-même, nous ne bénéficierons certainement pas de la même considération ! Je te demande seulement de prier l’Imam de nous laisser avec les femmes de sa Famille, afin que nous soyons traitées de la même façon qu’elles.

L’Imam al-Hussein assura Wahab que Zaynab, sa sœur, la fille de l’Imam Ali et de Fatima, veillerait elle-même sur les deux femmes, de même d’ailleurs que toutes les autres femmes de sa Famille.

Ce que l’épouse de Wahab n’avait pas imaginé c’est que les soldats sans cœur de l’armée de Yazid traiteraient les femmes de la Famille du Saint Prophète comme des captives ordinaires et des esclaves ! Wahab put enfin se lancer au combat, et mourir en défendant son Imam, comme il le souhaitait avec tant d’ardeur.

Source : http://alhassanain.org/french/

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