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Achoura : une école de dignité, de liberté et de conscience

Cheikh Mohamad Kanso

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la prière et la paix soient sur notre maître et notre prophète Mohamad, sur sa famille pure et immaculée, ainsi que sur ses compagnons élus.

Chers frères et sœurs,

Le mois sacré de Muharram se présente à nous, ce mois qui est associé dans la conscience de la communauté musulmane à la plus grande épopée qu’ait connue l’histoire et au plus noble sacrifice qu’ait connu l’humanité. C’est l’épopée éternelle de Karbala, où la voix de la vérité s’est élevée avec force face au faux, où les valeurs ont triomphé des intérêts, et où l’Imam Al-Hussein ibn Ali (p), les membres de sa famille et ses compagnons ont adopté une position qui continue d’éclairer le chemin des hommes libres en tout temps et en tout lieu.

Achoura n’est pas un simple événement historique que nous lisons dans les livres avant d’en tourner les pages. Ce n’est pas non plus un souvenir passager que nous évoquons uniquement pour pleurer et nous attrister. Elle est plutôt une école complète de foi, de dignité, de noblesse, de liberté, de conscience et de responsabilité.

L’Imam Al-Hussein (p) est sorti en sachant que la route était entourée de douleurs et de sacrifices. Mais il considérait que le silence face à l’injustice est un crime, que se taire devant la déviation est une trahison envers la communauté, et que la religion apportée par son grand-père, le Messager d’Allah (pslf), était exposée au danger de l’altération et de la déformation par des dirigeants qui avaient fait du pouvoir un moyen de corruption, de tyrannie et de domination sur les gens.

Al-Hussein (p) s’est dressé face à un pouvoir qui possédait l’argent, les armes, les médias et la force. Mais il possédait quelque chose de bien plus grand que tout cela : il possédait la vérité, la foi et une position sincère qui ne s’achète ni ne se vend.

C’est ainsi qu’Achoura est devenue un symbole éternel de la révolte de l’opprimé contre l’oppresseur, du soulèvement de la vérité contre le faux et de la confrontation des opprimés face aux arrogants.

Chers frères et sœurs,

Celui qui médite sur Karbala découvre qu’Al-Hussein (p) n’a pas affronté seulement un homme nommé Yazid. Il a affronté un projet fondé sur la tyrannie, la corruption, la sacralisation du pouvoir et l’humiliation de l’être humain. Ainsi, Yazid n’est pas simplement un personnage historique ; il est le symbole de toute injustice qui se répète, de tout tyran qui asservit les gens, de toute puissance qui se montre arrogante envers les faibles et de tout régime qui déforme la vérité et confisque la liberté et la dignité.

L’Imam Al-Hussein (p) a affronté le pharaonisme politique qui place le dirigeant au-dessus de la vérité, la corruption morale qui altère les valeurs de la société, la déviation religieuse qui exploite le sacré au service d’intérêts étroits, ainsi que l’arrogance qui méprise les opprimés et leur confisque leurs droits.

Ces mêmes maladies continuent de se renouveler à chaque époque, même si les noms, les slogans et les visages changent. Que les tyrans qui se parent de slogans séduisants sont nombreux ! Que les injustes qui revêtent le manteau de la réforme sont nombreux ! Que les régimes qui violent le sang des peuples et leurs droits au nom de la sécurité, de la civilisation, de la démocratie ou des intérêts politiques sont nombreux !

La forme peut changer, mais l’essence demeure la même ; les noms changent, mais le contenu de l’injustice et de l’arrogance reste identique.

C’est pour cela qu’Achoura est restée vivante, car elle n’est pas un conflit entre des personnes, mais un combat permanent entre deux valeurs : la valeur de la justice et celle de l’injustice, entre la liberté et la servitude, entre la dignité et l’humiliation, entre la vérité et le faux.

Chers croyants,

La plus grande leçon que nous pouvons tirer d’Achoura est que l’être humain ne se mesure pas à l’importance de sa puissance matérielle, mais à l’importance de son attachement aux principes. Abou Abdillah Al-Hussein (p) et ses compagnons étaient peu nombreux, mais ils ont triomphé parce qu’ils portaient une cause juste, tandis que les injustes ont chuté malgré leur grand nombre parce qu’ils se tenaient dans le camp de l’injustice.

Chers bien-aimés,

Lorsque nous évoquons Karbala, nous devons nous demander : sommes-nous aux côtés des opprimés ou aux côtés des oppresseurs ? Prenons-nous parti pour la vérité ou pour le faux ? Défendons-nous la dignité de l’être humain ou gardons-nous le silence face à son humiliation et à son oppression ?

La fidélité véritable à Al-Hussein (p) ne réside pas uniquement dans les larmes, malgré leur grandeur et leur caractère sacré. Elle consiste aussi à porter son message, à suivre sa voie, à soutenir les opprimés, à combattre la corruption, à se tenir aux côtés des déshérités et à défendre la vérité où qu’elle se trouve.

Achoura nous appelle à être une voix pour chaque opprimé, une aide pour chaque démuni et un soutien pour chaque personne écrasée.

Chers bien-aimés,

Dans notre monde contemporain, où de nombreux peuples sont exposés au meurtre, au déplacement forcé, à la famine et à l’oppression, et où des patries subissent l’agression et l’occupation, le message d’Al-Hussein (p) demeure plus présent et plus pressant que jamais, car il nous enseigne que la vérité ne meurt pas tant qu’il existe quelqu’un pour la défendre, et que l’injustice, quelle que soit la puissance qu’elle possède, est destinée à disparaître.

Paix sur Al-Hussein, sur Ali fils d’Al-Hussein, sur les enfants d’Al-Hussein et sur les compagnons d’Al-Hussein.

Et louange à Allah, Seigneur des mondes.

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