Évènements

La famille du saint Prophète (P) en captivité

 

Après le massacre d’une extrême cruauté, les chevaux de l’ennemi piétinèrent le cadavre décapité de Al Hussayn (P) et des autres martyrs,  tandis que les femmes, les orphelins  étaient violemment traînés et humiliés à travers plusieurs villes. (De Kûfah à Damas).Un seul des fils adultes d’Al Hussayn (p) échappa à l’horrible tuerie : Ali Ibn Al Hussein (p) plus connu sous le nom de Zayn el-Abidîne, qui était malade.

Quant aux cadavres, ils restèrent sur place à la merci du soleil brûlant de l’été, durant trois jours. Zeynab (P), la sœur de Al Hussayn (P), fut horrifiée et pleine de compassion et de tristesse en voyant la tête décapitée de son frère suspendue à la pointe d’une lance. Elle fit ce poème si poignant :

« Que direz-vous lorsque le Prophète (P) vous demandera, vous le peuple, qu’il a laissé derrière lui, qu’avez-vous fait de ma descendance et de ma famille après ma mort ? Parmi eux des prisonniers de guerre et des corps baignant dans leur sang »

À l’arrivée du convoi à Kûfah, au palais de gouverneur, Ibn Ziyâd s’écria avec réjouissance et fierté : « Louange à Allâh qui vous a scandalisé, vous a tué et a démenti vos histoires. » Dame Zeynab prit alors la parole et répondit : « Louange à Allâh qui nous a honoré par Son Messager — paix et bénédictions sur lui et sa descendance — et qui nous a parfaitement purifié des vices. Allâh n’interdit que le pervers et ne dément que les vicieux qui sont autres que nous. »  Ibn Ziyâd lui demanda alors : « N’as-tu pas vu ce qu’Allâh fit de ta famille et de ton frère ? ». Dame Zeynab dit:« Je n`ai vu que le bien. Allâh enregistra ces personnes comme martyrs et les voici martyrisés. Allâh vous rassemblera un jour et l’on verra à qui reviendra la victoire ». Remarquant un jeune homme parmi les prisonniers, ` Ibn Ziyâd se renseigna sur son identité. Apprenant qu`il s’agissait de Zayn el-`Âbidîn, le fils d’Al-Hussayn, Ibn Ziyâd voulut le tuer, sauf que Dame Zeynab le défendit farouchement disant : « Tu as suffisamment effusé notre sang et tu t’en es abreuvé ! Ne nous as-tu laissé que lui ? Par Allâh, je ne me séparerai guère de lui. Si tu veux le tuer, tue moi donc avec lui ! » C’est ainsi que, grâce à la bravoure de Dame Zeynab, Zayn Al-`Âbidîn fut le seul survivant de Karbala’ parmi la progéniture de l’Imâm Al-Hussayn (as).
Le convoi fut ensuite envoyé vers la Syrie où siégeait Yazid Ibn Muawiya. Sur ce long trajet la famille de Prophète (psl) ont beaucoup souffert. Une fois les gens voulaient offrir des dattes sèches aux enfants affamés, mais Dame Zeynab a refusé en disant : «  Je vous remercie de votre sollicitude envers nos enfants affamés. Mais nous sommes la Famille du Prophète, et l’Envoyé de Dieu nous a interdit de manger les aumônes. En aucun cas il ne nous est possible de transgresser ses ordres.» La caravane finit par arriver en Syrie à Damas, où les agents du pouvoir omeyyade avaient déjà fait leurs propagandes: «Le Calife a remporté une victoire sur un groupe de dissidents dont les captifs sont sur le point de traverser la capitale». Tout le monde sortit pour assister à la procession. Celle-ci parvint au Château de Yazid. Lorsque Yazid reçut la tête tranchée d’Al Husayn (P), il déclama les paroles suivantes :

« La tribu des Hachémites (celle du Prophète) s’est amusée avec le pouvoir. Il n’y a eu ni nouvelles, ni révélations venues de Dieu. Je regrette que mes ancêtres morts à Badr ne soient pas présents en ce jour de gloire. »

Yazid dit à al-Sajjâd (que la paix de Dieu soit sur lui), sur un ton vengeur et avec un air victorieux: «Ô fils de Hussayn! Ton père a tué mes parents, ignoré mon droit, contesté mon pouvoir. Dieu lui a donc fait ce que tu as vu».

Al-Sajjâd (p) répliqua sur le champ par un verset coranique: «Nulle calamité n’atteint la terre ni vous-mêmes, sans que cela ne soit écrit dans un livre, avant même d’être créé. Voilà qui est facile pour Dieu!» (Coran, LVII, 22) Voilà qui est facile à Dieu. Il en est ainsi pour que vous ne soyez pas désespérés par ce qui vous a échappé ni que vous n’exultiez de ce qui vous a été donné. Dieu n’aime pas l’insolent plein de gloriole. »

Il a dit aussi : 
« Ô fils de Muawiya, de Hind et de Sukhr, la Prophétie et l’autorité ne sont descendues que pour mes parents, mes aïeux avant que tu ne sois né. Mon grand-père ‘Ali fils d’Abî Tâlib, était à Badr, à Uhud et [à la bataille) des Partis, portant l’étendard du Messager de Dieu (psl)  alors que ton père et ton grand-père portaient l’étendard de l’incroyance.
Malheur à toi Yazid! Si tu réalisais ce que tu as fait, quel crime tu as commis à l’encontre de mon père et de sa famille, tu t’enfuirais dans les montagnes, tu étendrais de la cendre, tu appellerais le malheur sur toi. Annonce d’humiliation et de regret quand les gens seront réunis le jour du Jugement.

Yazid  a menacé al- Sajad. L’Imam ‘Ali Zayn al-Abidîne répondit, d’une voix faible mais claire et ferme :

Yazid ! Les tortures que tu nous as déjà infligées ne peuvent pas être surpassées en honneur par tout ce que ton esprit malade pourrait imaginer. Pour moi, la pire des tortures, c’est d’être en ta présence, avec les femmes de la Famille du Prophète sans voile pour préserver leur visage de ton regard vicieux. Ne crois surtout pas que ni moi ni mes proches soyons effrayés ou intimidés par tes menaces. Nous, Gens de la Famille du Prophète, sommes éduqués depuis l’enfance pour être à même de supporter toutes les épreuves, toutes les souffrances. Ceux que Dieu aime, IL les soutient dans toutes les épreuves et, dans l’Au-delà, ils jouiront de Ses Faveurs ! Des murmures d’admiration s’élevèrent dans l’assistance…

…La grand Dame Zeynab ,Elle s’est adressée aussi à Yazid en disant : « « Ô Yazidpenses-tu que tu as triomphé sur nous ?…N’as-tu pas lu dans le Coran où Allah dit « Si nous accordons un répit aux incroyants ou si on accroit leurs richesses, ils ne doivent pas se considérer avantagés par rapport aux autres…On leur accorde répit pour qu’ils dévoilent leur vraie face »
Ô Yazid, je jure sur Allah que tu n’as décapité personne, mais toi-même, Husayn vit éternellement et tu ne pourras jamais effacer notre souvenir; nous resterons jusqu’à la fin de ce monde ».
Ceux qui t’ont déblayé le chemin et qui t’ont permis d’asservir les Musulmans sont ceux qui occupent la place inférieure et qui ont les soldats les plus faibles. C’est l’alternative méritée des injustes. Malgré les calamités qui m’ont touchée, je trouve que tu es sans valeur. Je trouve plus valorisant pour toi le fait de te tancer et de te réprimander. Mais je le fais car mes yeux sans larmoyants. Quelle chose étrange de voir les nobles du parti de Dieu tués par les affranchis, par le parti du Diable. Si tu penses que nous sommes un gain que tu viens de réaliser, tu ne tarderas pas à constater que nous sommes une perte que tu as subie. C’est à Dieu que nous adressons nos plaintes. Dieu ne traite jamais ses serviteurs injustement. Déploie donc tes fourberies et tous tes efforts. Par Dieu, tu n’arriveras pas à effacer notre renommée. Tu n’anéantiras pas notre Révélation. Tu n’atteindras jamais notre rang et tu n’arriveras jamais à laver ta honte. Tes avis sont erronés, Tes jours, lorsque le crieur criera, seront comptés et les armées qui tu rassembles seront dispersées. Que la malédiction de Dieu soit sur les injustes. Gloire à Dieu qui a donné au premier d’entre nous le bonheur et au dernier parmi nous le martyre et la miséricorde 

L’Imam ‘Ali ibn Al-Husayn (paix sur lui) a prononcé une homélie historique à Damas, dans la grande mosquée de la ville semble-t-il,  Le jour du discours, un orateur officiel se présenta à la tribune pour offrir une louange en l’honneur de Muawiya et de Abu Sofyan, et dénigrer ‘Ali  ibn Abi Talib (paix sur lui). Cet orateur osa prétendre que les musulmans devaient tout à Muawiya et Yazid, que leur bonheur ici-bas et dans l’au-delà était lié au sort des omeyyades. C’est à ce moment que ‘Ali ibn al-Husayn (paix sur lui), se leva et clama à haute voix, sans la moindre peur:
« Malheur à toi, orateur, tu as acheté la satisfaction de la créature contre la colère du Créateur, et tu es devenu de ce fait un candidat à l’enfer”.
Puis il se tourna vers le calife pour lui demander: « m’autorises-tu à monter à mon tour sur ces planches, afin que je dise ce qui plaît à Dieu, tout en étant utile à l’audience? ». L’assemblée insista pour que le calife l’autorise à parler, si bien que l’Imam monta sur la tribune .Ali ibn Al-Husayn (paix sur lui) commença par se présenter:
« C’est moi le fils de la Mecque et de Mina, c’est moi le fils de Zamzam et de Safâ, c’est moi le fils du Messager de Dieu, c`est moi le fils du Maître des croyants ,c`est moi le fils du Maître des martyrs Al-Husayn … »
puis il dit: « Ô les gens, Dieu nous a donné six choses :  la science, la mansuétude, la magnanimité, l’éloquence, le courage et l’amour dans le cœur des croyants »
« et Dieu nous a donné la supériorité pour sept raisons: le prophète Mohammad est de nous, le véridique (‘Ali ibn Abi Talib) est de nous, l’oiseau céleste (Ja’far ibn Abi Talib) est de nous, le lion de Dieu et de son prophète (Hamza ibn Abd al-Muttalib) est de nous, les deux enfants de cette famille (Hassan et Hussayn) sont de nous et, enfin le Messie (le douzième Imam, Al- Mahdi) est de nous « .

L’influence du discours de l’Imam sur l’assemblée fut si forte que les omeyades durent l’interrompre en faisant donner l’appel à la prière (adhan). L’Imam par respect pour le Nom du Très Haut, se tut. Quand le muezzin en arriva à dire « je témoigne que Mohammad est le prophète de Dieu », l’Imam s’adressa au muezzin, en retirant son turban:
« par le droit du prophète que tu as invoqué, tais-toi! ».
Puis s’adressant à Yazid ibn Muawiya, l’Imam dit:
« Est-ce que ce prophète noble et glorieux est ton grand père ou le mien? Si tu dis que c’est le tien, tout le monde saura que tu aurais menti, et si tu dis que c’est le mien, alors pourquoi as-tu assassiné mon père et volé ses biens? Et emprisonné ses femmes? » 
puis continua son discours jusqu’à ce que l’assemblée s’éparpille dans le désarroi le plus complet.

La famille de Prophète (psl) en captivité est retournée en prison, la fille de l’Imam Husayn, Soukaynah surnommée Roukhiya, qui n`avait que 3 ans mourut de ses blessures et de chagrin et a été enterrée à l’endroit même…

…Beaucoup de rumeurs circulaient à propos du sort cruel qu’ils avaient infligé à la Famille du Prophète (pse). Des femmes allaient même jusqu’à traiter de lâches leurs maris parce qu’ils ne s’opposaient pas au tyran. Yazid en avait perdu le sommeil. Il craignait maintenant sérieusement d’être renversé.

Alors il décida de faire sortir de prison les survivants du massacre. Il affirma publiquement qu’on l’avait trompé, que Hussayn (p) n’était pas aussi rebelle qu’on le lui avait dit. Il jura que jamais il n’avait ordonné qu’on tue le petit-fils du Prophète… Il offrit à ‘Ali Zayn al-Abidine, à Zeynab, à Kolsoum et à tous les survivants de leur donner tout ce qu’ils voulaient. La seule chose qu’ils demandèrent fut qu’on leur restitue les pauvres biens qu’on leur avait volés. Ils emportèrent avec eux ces reliques, et aussi les têtes des Martyrs.

Voyageant de nuit, et accompagnés d’une escorte qui éloignait d’eux tous les importuns, ils revinrent sur le lieu du massacre, dans la plaine de Karbala. Ils enterrèrent les têtes auprès des corps des martyrs.

C`était 40 ème jour après ‘Achoura, connue sous le nom Arbaïn.

L’un des grands compagnons de Prophète (psl) Jabir Ibn Abdallâh arriva ce jour à Karbala pour visiter le tombeau de l`Imam Hussayn (p).

. Un an après le Sacrifice de l’Imam Hussayn (p), les habitants de Médine se soulevèrent contre le dictateur impie. Ils démirent son gouverneur, qu’ils remplacèrent par Abdallah fils de Hanzalah. L’armée de Yazid attaqua la ville du Prophète (p). Yazid livra la citée à ses soldats durant trois jours. Plus de dix-sept mille Médinois furent massacrés, les maisons et les magasins pillés, et les femmes musulmanes violées.

L’année suivante, un autre soulèvement eut lieu. Le chef des insurgés était Abdallah fils de Zubayr. La même armée qui avait sévi dans la ville sainte du Messager de Dieu marcha sur la Sainte Mecque, où le fils de Zubayr s’était retranché. Les catapultes, les balistes et autres machines de guerre de l’armée omeyyade lancèrent tant de projectiles contre la Sainte Kaaba qu’un mur s’effondra et qu’un incendie ravagea la Maison de Dieu.

Dans les jours qui suivirent cette profanation inexpiable, Yazid mourut.

C’est en conséquence des actes sordides de Yazid que le Soulèvement et le Sacrifice de l’Imam al-Husayn (p) touchèrent les cœurs des gens, et que leur impact alla en s’agrandissant chaque jour un peu plus.

Au début, le Soulèvement de l’Imam al-Husayn (p) fut considéré comme un mouvement révolutionnaire finissant par un bain de sang; mais avec le temps, il finit par rassembler un grand nombre de gens qui étaient prêts à se sacrifier pour la cause de la Vérité, et par amour et respect pour les Ahlul-bayt. C’est pour cette raison que Muawiya avait mis son fils Yazid en garde contre toute tentative de confrontation. Mais finalement, le tempérament vaniteux de Yazid l’aveugla et l’empêcha de distinguer la maladresse, de la préservation de ses intérêts.

Selon Ibn Kathir, lorsqu’on lui demanda s’il était licite de maudire Yazid, Ahmad ibn Hanbal, l’un des quatre moujtahid sunnites, répondit :

« – Comment ne maudirais-je pas celui que Dieu a Lui-même maudit ? »

L’événement de Karbala, la capture des femmes et des enfants de la Maison du Prophète (psl), leur déplacement de ville en ville comme prisonniers et prisonnières et les discours prononcés par Zeynab, la fille d’’Ali, ainsi que par le quatrième Imam -tous deux au nombre des prisonniers- provoquèrent la disgrâce des Omeyyades. De tels abus envers la famille du Prophète (psl) neutralisèrent la propagande soutenue par Muawiya depuis des années. L’affaire prit de telles proportions que Yazid désavoua et condamna publiquement les actions de ses agents.

L’événement de Karbala joua un rôle majeur dans le renversement du gouvernement omeyyade, bien que son effet fût retardé. Il renforça également les racines de l’Islam véridique. Comme conséquence immédiate, il y eut les révoltes, Le peuple, après il faut le dire avoir été passif ou ignorant des événements, commençât à organiser des manifestations contre Yazid et tout le pouvoir Omeyyade pendant une douzaine d’années. Durant cette période, beaucoup de sang coula mais le retour aux vraies valeurs de l’Islam, celles du Prophète Mohammad (psl) et sa Sainte famille (pse) n’en fut que renforcé.
La vie de l’Imam al Hussayn (p) fut sacrifiée, mais ce ne fut pas en vain.
Contre l’oppression des tyrans, l’Imam al Hussayn (p) lutta d’abord verbalement, puis  le choix ne lui ayant pas été donné, il tomba en martyr.
Aujourd’hui des millions de musulmans à travers le monde remémorent chaque année ce récit tragique, pour que personne ne l’oublie et pour le prendre en exemple dans leur vie quotidienne. L’épopée de Karbala est en réalité le chemin à suivre par les musulmans de toutes les époques pour lutter contre les ennemis de l’Islam et des musulmans.

Source : http://fr.al-shia.org 

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