Education

Éducation sexuelle : Le point de vue islamique

INTRODUCTION

Alors que le Coran met l’emphase sur l’acquisition de connaissances, et qu’à l’époque du Prophète Mohamad (pslf), les musulmanes et les musulmans n’étaient jamais trop timides pour le questionner même sur les affaires privées telles que la vie sexuelle, aujourd’hui pour les parents musulmans, « sexe » est un mot grossier. Ils sont mal à l’aise dans les discussions de l’ordre sexuel avec leurs enfants, mais ça ne les dérange pas que des laïcs, que des enseignants non-musulmans (de sexe opposé parfois), que les pairs des deux sexes, que les médias et que la télévision le fassent pour eux. En moyenne, un enfant est exposé à 9000 scènes de sexe par année.

Ces parents devraient savoir que parler de sexe n’est pas toujours vulgaire. C’est un aspect important de notre vie. Dieu qui soigne/prête attention à tous les aspects de notre vie, et pas seulement à la manière de L’adorer, traite de la reproduction, de la création, de la vie de famille, des menstrues et même de l’éjaculation dans le Coran. Le Prophète Mohamad (pslf), qui nous a été envoyé en exemple, discutait des nombreux aspects de la vie sexuelle, y compris des différentes positions avec ses Compagnons.

La principale raison pour laquelle les parents musulmans ne parlent pas ou ne peuvent pas parler de sexe avec leurs enfants est leur éducation culturelle et non leur formation religieuse.

Le problème est qu’aujourd’hui l’éducation sexuelle telle qu’elle est enseignée dans les écoles publiques est incomplète. Elle ne couvre pas la moralité associée au sexe, ni les dysfonctionnements et les déviations sexuels, ni l’institution du mariage.

Les parents doivent assumer un rôle plus responsable. Un père a le devoir d’être capable de répondre aux questions de son fils et une mère a le même devoir envers sa fille. On peut difficilement influencer le sexe tel qu’il est enseigné dans les écoles publiques ou montré par les médias, mais on peut y ajouter une dimension éthique et morale en parlant de l’amour familial et de la responsabilité. En dehors de ces acteurs, les enseignants de l’école islamique du dimanche peuvent également intervenir, de même pour le médecin de famille, le pédiatre, le clergé. Au sein d’une famille, la sœur aînée a un devoir envers ses sœurs cadettes et le frère aîné a le même devoir envers ses petits frères.

Dans l’Islam tout ce qui conduit au mal est aussi considéré comme mal. Par conséquent, les parents devraient contrôler la musique que leurs enfants écoutent ou les programmes qu’ils regardent, les magazines qu’ils lisent, et les vêtements qu’ils portent.

Les parents musulmans devraient enseigner à leurs enfants de ne pas boire de l’alcool, de ne pas manger du porc, de ne pas prendre de la drogue et de ne pas s’engager dans des relations sexuelles prémaritales non plus.

LE CONCEPT ISLAMIQUE DE LA SEXUALITE

L’Islam reconnaît le pouvoir du besoin sexuel, mais le sujet est traité dans le Coran et au travers des paroles du Prophète Mohamad (pslf) de manière sérieuse, en référence à la vie maritale et familiale. Les parents devraient se familiariser avec cet ensemble de connaissances.

LE CONCEPT DE L’ADULTERE EN ISLAM

Dieu dit dans le Coran :

« Ne vous approchez pas de l’adultère. Certainement c’est un acte honteux et mal, ouvrant la porte à d’autres péchés », sourate 17, verset 32.

« Dis : vraiment mon Seigneur a interdit les actes honteux, qu’ils soient ouverts ou secrets, les péchés et les offenses envers la vérité et la raison  », sourate 7, verset 33.

« Les femmes impures sont pour les hommes impurs, et les hommes impurs sont pour les femmes impures et les femmes pures sont pour les hommes purs et les hommes purs sont pour les femmes pures », sourate 24, verset 26.

Le Prophète Mohamad (pslf) dit à de nombreuses reprises que l’adultère est l’un des trois péchés majeurs. Cependant, l’histoire la plus intéressante est celle d’un jeune homme qui vint trouver le Prophète et lui demanda l’autorisation de forniquer car il ne pouvait se contrôler. Le Prophète (pslf) pour le raisonner lui demanda s’il approuverait que quelqu’un d’autre ait des relations illégitimes avec sa mère, sa sœur, sa fille ou son épouse. A chaque fois, l’homme répondait non. Alors, le Prophète (pslf) lui répondit que la femme avait laquelle il avait l’intention de coucher était aussi la mère, la sœur, la fille ou la femme de quelqu’un d’autre. L’homme comprit et se repentit. Le Prophète (pslf) pria pour son pardon.

L’adultère est un crime non pas contre une personne mais contre toute la société. Il s’agit de la violation d’un contrat marital. L’adultère, qui inclut les relations sexuelles prémaritales et extra-conjugales, est une épidémie de la société.

L’approche coranique est « N’approchez pas de l’adultère ». Est-ce que cela signifie que non seulement le sexe illégal est interdit mais aussi que tout ce qui conduit à ce sexe illégal est aussi illégal ? Ces choses incluent le « copinage » le fait d’avoir des petits copains ou des petites copines, le mélange libre des sexes, les tenues provocantes, la nudité, l’obscénité et la pornographie. Le code vestimentaire pour les femmes et les hommes les protégent de la tentation et des désirs de ceux qui les voient et qui pourraient perdre leur self-control et tomber dans le péché.

« Dis aux hommes croyants de baisser leur regard et de garder leur modestie ; et cela augmentera la pureté et Dieu sait bien ce qu’ils font tous. Et dis aux femmes croyantes de baisser leur regard et de garder leur modestie. », sourate 24, versets 30-31.

LE CONCEPT DU MARIAGE EN ISLAM

L’Islam reconnaît la forte pression sexuelle et le désir de reproduction. Ainsi l’Islam encourage le mariage comme un moyen légal de satisfaire sa sexualité et comme une protection contre l’immoralité (le sexe sans engagement). En Islam, le mariage d’un homme et d’une femme n’est pas seulement un arrangement de vie financier et légal, ni même seulement un moyen de se reproduire, mais c’est un engagement total l’un pour l’autre, un contrat dont Dieu est témoin. L’amour et la joie du couple est une partie de l’engagement. Le Coran dit :

« Parmi Ses signes est qu’Il a crée des épouses pour vous à partir de vous-même, afin que vous puissiez trouver la tranquillité avec elles et Il mit l’amour et la compassion entre vous. Vraiment, en cela il y a des signes pour les gens qui réfléchissent. »,
sourate 30, verset 21.

LES PAROLES DU PROPHETE MOHAMAD (PSLF)   

« Le mariage est ma tradition. Celui qui rejette ma tradition n’est pas des miens. »

« Le mariage est la moitié de la religion. L’autre moitié est la crainte de Dieu ».

Dans l’Islam, il n’y a pas de règle fixe concernant l’âge du mariage. Il semblerait que la mode pour les jeunes hommes musulmans est de ne pas se marier avant d’avoir terminé leur éducation, d’avoir un emploi ou d’avoir atteint l’âge de 26-30 ans voire plus. De même, les jeunes filles musulmanes disent qu’elles ne veulent se marier qu’après 24 ans. Pourquoi ? Quand on le leur demande, elles répondent qu’elles ne sont pas prêtes. Pas prêtes pour quoi ? N’ont-elles pas de désirs sexuels normaux ? Si la réponse est oui, alors il n’y a que deux solutions : (a) se marier, (b) repousser le sexe (s’abstenir jusqu’au mariage).

Le Coran dit :

« Que ceux qui ne trouvent pas à se marier restent chastes jusqu’à ce que Dieu leur en donne les moyens par Sa Grâce. », sourate 24, verset 33.

Le Prophète (pslf) disait : « Ceux d’entre vous qui en ont les moyens doivent se marier, sinon ils doivent jeûner car cela freine les désirs. »

LE ROLE DES PARENTS MUSULMANS ET DES ORGANISATIONS MUSULMANES

Je ne suis pas en train de suggérer que tous les jeunes musulmans devraient se marier à 16 ans. Mais, je dois dire que les jeunes devraient accepter les instincts biologiques et prendre des décisions qui les aideront à développer une vie plus satisfaite consacrée à une carrière plutôt que de passer du temps à chasser (ou à rêver) le sexe opposé. Les parents devraient aider leurs fils et leurs filles dans la sélection de leur compagnon/compagne en se basant sur le degré de pratiques islamiques comme critère et non pas la race, la couleur ou la richesse. Ils devraient les encourager à se connaître dans un cadre supervisé. L’organisation communautaire a plusieurs rôles à jouer.

  1. Fournir une plate-forme pour permettre aux filles et aux garçons de se rencontrer sans aucune intimité.
  2. Offrir des cours d’éducation prémaritale aux filles et aux garçons de plus de 18 ans séparément pour les préparer à leurs futurs rôles de père et d’époux et de mère et d’épouse.

Le père a un rôle spécial, mentionné par le Prophète Mohamad (pslf) : « Celui à qui Dieu donne un enfant, il doit lui donner un beau nom, il doit bien l’éduquer, le former et quand il ou elle atteint la puberté, il doit chercher à le ou la marier. Si le père n’arrange pas leur mariage après la puberté, et que la fille ou le garçon commet un péché, la responsabilité du péché reviendra au père. »

LE PROGRAMME POUR L’EDUCATION SEXUELLE ISLAMIQUE

L’éducation sexuelle islamique devrait être enseignée à la maison à partir d’un jeune age. Avant d’instruire sur l’anatomie et la physiologie, il faut s’assurer que la croyance en notre Créateur est bien établie. Comme le disait Dostoïevski : « Sans Dieu, tout est possible. », signifiant que le manque de croyance ou de conscience de Dieu ouvre la porte aux méfaits.

Un père devrait enseigner à son fils et une mère devrait enseigner à sa fille. Dans l’absence d’un parent volontaire, le meilleur second choix est de s’en remettre à un enseignant musulman (de préférence un médecin) pour les garçons et une enseignante (de préférence un médecin) pour les filles.

Le programme devrait être taillé selon l’âge de l’enfant et les classes devraient être tenues séparément. Seules des réponses pertinentes à une question devraient être fournies. Par-là, j’entends que si un enfant de 5 ans demande comment il ou elle s’est retrouvé dans le ventre de sa maman, il est inutile de décrire tout l’acte sexuel.

  1. Le croissance et le développement sexuels :
  • Le calendrier de la puberté,
  • Les changements physiques pendant la puberté,
  • Le besoin d’une vie de famille.
  1. La physiologie du système de reproduction :
  • Pour les filles : l’organe, les règles, le syndrome prémenstruel.
  • Pour les garçons : l’organe, la pulsion sexuelle.
  1. La conception, le développement du fœtus et la naissance.
  2. Les maladies sexuellement transmissibles (maladies vénériennes, le SIDA) appuyer sur l’aspect islamique.
  3. Les aspects mentaux, émotionnels et sociaux de la puberté.
  4. Les éthiques sociale, morale et religieuse.
  5. Comment éviter la pression de l’entourage.

D’après Dr. Shahid Athar 

 

 

 

 

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer