Biographies

La Vie de l’imam Zein Al-Abidine (psl) après Karbala

Au nom d’Allah Le Clément, Le Miséricordieux
O Allah ! Prie sur Mohammed et sur les gens de sa Famille

Devant le massacre de Karbala
L’Imam Ali Al Sajâd (psl) avait suivi son père l’Imam Hussein (psl) dans son dernier voyage de la Médine vers la Mecque puis de la Mecque vers Karbala’ où toute la famille du petit fils du prophète (pslp) fut massacrée devant lui sans qu’il puisse participer dans les combats !

En effet, Dieu à Lui pureté, avait voulu préserver Son argument sur Ses créatures sans que personne ne puisse le critiquer un jour ou l’accuser d’un manque de courage ou de bravoure : ainsi, l’Imam Ali Al Sajjad (psl) était avant les combats, au cours des combats, et même après les combats fortement alourdi d’une maladie qui l’empêchait même de se mettre debout ou de porter une arme.

Au cours des combats, l’Imam ne pouvait donc pas bouger de sa tente, et même lorsqu’il tenta d’en sortir, sa tante Zeinab (paix sur elle) l’en avait empêché en application stricte des ordres de son frère l’Imam Hussein qui lui avait bien fait comprendre que, quel que soit le déroulement des choses, son fils Ali Zein Al Abidin As-Sajjad devrait rester indemne pour continuer la propagation du message authentique de Dieu.

Avec les prisonniers
Le jour de Achoura’, après le martyre le l’Imam Hussein (psl) et de tous ses compagnons, l’Imam Zein Al Abidin As-Sajâd fut emprisonné avec tous les femmes et enfants du camp.

L’Imam fut emmené par les chaînes et porté sur une monture alors que sa maladie l’empêchait même de marcher. Il dut faire tout le trajet entre Karbala’ et la Koufa dans cet état lamentable alors que le sang coulait de son cou sous l’effet du fer des chaînes.

Aux environs de la Koufa, ses habitants sortirent à la rencontre des prisonniers. L’Imam tint cette occasion pour leur rappeler leur trahison et leur manquement envers les engagements stricts et serments fermes qu’ils avaient faits et écrits à son père l’imam Al Hussein (psl). La foule des gens n’avait de réponse que de fondre en larmes essayant en vain de dissimuler la lâcheté qui les avait privés d’être un soutien pour l’Imam Hussein (psl) et qui les aurait vraisemblablement empêchés de faire quoi que ce soit contre ses assassins…

Au palais du gouverneur
Les prisonniers furent emportés auprès d’Ibn Zyad, le gouverneur de la Koufa ; ce mécréant sanguinaire et rancunier s’attendait à voir les descendants du prophète (pslp) avilis et humiliés après tout ce qu’ils avaient subi de perte de leurs proches, de torture et d’enchaînement…

Mais le spectacle fut tout à fait différent, et le gouverneur de la Koufa se vit face à face à des gens fiers et braves que toutes les peines du monde ne pouvaient vraisemblablement pas leur usurper leur orgueil ou tempérer leur fierté ! Et voyant l’Imam As-Sajâd, il s’adressa à lui tout étonné et lui demanda :

– Comment t’appelles-tu ?
– Je suis Ali, fils de Hussein.

Ibn Zyad dit alors avec malice et arrogance :

– Dieu n’a-t-il pas tué Ali fils de Hussein ?

– J’avais un frère aîné qui s’appelait aussi Ali Al Akbar (major), et ce sont les gens qui l’ont tué !

– C’est plutôt Dieu qui l’a tué !

– Dieu reçoit les âmes lorsqu’elles meurent (Coran) et nulle âme aurait à mourir si ce n’est sous la permission de Dieu (Coran), répondit l’Imam sans se soucier de la colère folle qui emporta alors Ibn Zyad qui, voyant l’argument de son prisonnier prévalant sur le sien, ne sut quoi dire et ordonna à ses bourreaux d’exécuter l’Imam.

Ici, la grande Zeynab (pse) s’interposa entre son neveu, l’Imam, et ses bourreaux et s’écria au visage d’Ibn Zyad : « Ibn Zyad ! Nos sangs que tu as déjà versés te suffisent bien ! Si tu veux le tuer, alors, tue-moi avant lui ! »

Et sans aucun signe de crainte, l’Imam As-Sajâd dit au tyran : « Ne sais-tu pas que le meurtre est pour nous une habitude et que notre sacre chez Dieu est le martyre ?! »

Devant toute l’assistance qui comprenait tous les notables de la région, Ibn Zyad, renard comme il l’était, comprit qu’il fallait mieux se débarrasser des prisonniers plutôt que d’assumer la responsabilité de les exécuter lâchement dans son palais. Il donna alors l’ordre de les envoyer à Damas auprès de son souverain Yazid qui décidera lui même de leur sort.

Vers Damas
Tout le long de la route vers Damas, l’Imam et ses compagnons durent subir toute sorte d’atrocité de la part des bourreaux qui les accompagnaient.

Non seulement ils durent faire tout le parcours entre la Koufa et Damas, découverts et sous une chaleur torride de l’été, mais leurs gardes avaient l’ordre de les faire passer sur toutes les villes de la Syrie pour montrer aux habitants la puissance de leur souverain et dissuader les musulmans de toute tentative de révolte.

Par ailleurs, le tyran Yazid avait donné l’ordre de décorer toute la ville de Damas et ses environs, et d’annoncer la fête générale !

Après la grande campagne de dénigrement de Ahlul Bayt organisée par la puissante machine de propagande omeyyade, les habitants de Damas accoururent à l’extérieur de la ville pour voir de près le cortège des prisonniers.

Un vieillard, voyant l’Imam Zein Al AbidIn As-Sajad (psl) dans les chaînes, s’approcha de lui et dit : « Louange à Dieu qui vous a anéanti et vous a soumis à notre souverain ! »

L’Imam As-Sajad comprit tout de suite que ce vieillard était victime d’une très grande campagne de propagande et qu’il croyait sincèrement à ce qu’il disait. Il lui dit alors :

O cheikh ! As-tu lu le Coran ?
– Oui !

– As-tu donc lu ce que Dieu, à Lui pureté a dit : « Pour cela je ne demande point de rémunération de votre part à moins qu’elle soit l’amitié pour mes proches. »

Et lorsqu’il dit, à Lui pureté : « Et donne aux proches leur droit. »

Et aussi : « Sachez que ce que vous avez gagné comme butin doit être affranchi du cinquième, pour Dieu, Son messager et proches. »

– Oui, j’ai lu tout cela ! dit alors le vieillard.

L’Imam dit alors : « C’est nous, par Dieu, les proches qui sont signifiés par ces versets ! »

Puis l’Imam ajouta : « Est-il que Dieu veut bien éliminer de vous, Ahlul Bayt, toute souillure, et vous purifier parfaitement. » (Coran). Alors sache que c’est nous Ahlul Bayt !

Le vieillard s’exclama tout étonné : « Dis, que Dieu soit ton témoin, c’est bien vous Ahlul Bayt ? »

L’Imam (psl) répondit : « Oui, par notre grand père le messager de Dieu ! C’est bien nous sans aucun doute. »

Ici, le vieillard se jeta sur l’Imam en l’embrassant et s’écria : « Je désavoue tous ceux qui vous ont assassinés. »

Voyant que le cas de ce vieillard risquait bien de dégénérer en un phénomène général de repentir puis de révolte populaire, Yazid ordonna de l’exécuter !

L’Imam (psl) face à Yazid
Le despote Omeyyade ordonna d’apporter les prisonniers de Ahlul Bayt pieds et mains reliés dans un état lamentable, et dès que l’Imam As-Sajad fut dans la salle, il cria à la face de Yazid, sans aucune crainte :

« Que penses-tu, Yazid ! Si mon grand père le messager de Dieu (pslp) nous voit dans cet état, que va-t-il dire !? »

La plupart de l’assistance fondit en larmes et sous leur pression, Yazid ordonna d’enlever les liens des prisonniers.

Dans l’ivresse de sa victoire illusoire, Yazid laissa échapper de sa bouche un aveu clair et net de son hypocrisie : en effet, frappant la tête de l’Imam Hussein (psl) qui lui a été servie dans un récipient en or, il récita quelques vers de sa poésie dans lesquels il fit signifier à tous les présents qu’il venait enfin de venger la bataille de Badr et que toute l’affaire entre Beni Omeyyeh et Beni Hachem n’était qu’un duel pour le pouvoir qu’il venait de l’emporter définitivement.

Les historiens dignes de foi nous rapportent que la grande Zeinab lui répondit d’une manière suffisamment éloquente et argumentée pour qu’il perde toute légitimité auprès de toute personne qui croit en Dieu et en Son messager.

Toujours emporté par sa paranoïa, Yazid crut bon de fêter son illusoire victoire sur Ahlul Bayt dans la grande mosquée et en présence d’un très grand nombre de Syriens et de visiteurs envoyés des quatre coins du califat par ses gouverneurs.

Cette grande assemblée ne tarda pas à tourner au scandale pour Yazid lorsque l’Imam As-Sajad (psl), prenant la parole à la tribune de la mosquée sous la pression que l’assistance effectua sur Yazid, fit un prêche qui reste gravée dans les mémoires.

Dans son discours, l’Imam As-Sajad (psl) rappela à l’assistance qui était-il et qui étaient ses ancêtres jusqu’à ce qu’il arrive au massacre de Karbala, démasquant, ainsi, l’illégitimité du pouvoir de Yazid.

Voyant ainsi le cours des événements, Yazid ordonna de rappeler à la prière pour couper le discours de l’Imam As-Sajad (psl), mais l’Imam continua son discours en commentant l’appel à la prière et lorsqu’il entendit : « Je témoigne que Mohammed est le messager de Dieu », il se retourna vers Yazid et lui demanda :

« Mohammed-ci, est-il mon grand père ou bien ton grand père ? Si tu dis qu’il est ton grand père, alors, tu mens, et si tu dis qu’il est mon grand père, alors pourquoi as-tu tué sa famille et ses descendants ? »

A entendre le discours convaincant de l’Imam As-Sajad, l’assistance fut choquée et indignée des crimes du despote Omeyyade, et certains d’entre eux quittèrent la mosquée.

Craignant l’insurrection générale des musulmans de la Syrie, jusqu’alors son fief sûr, Yazid ordonna de renvoyer les prisonniers chez eux, à la Médine. Mais le récit du massacre de Karbala’ s’était déjà propagé partout dans le monde islamique et les habitants de la Médine particulièrement en furent très touchés.

Dans un sursaut d’honneur, la Médine se souleva et désavoua les Omeyyades et leurs crimes. Cette insurrection était une tentative de sauver une face perdue le jour même où cette ville refusa de participer à la révolte de l’Imam Hussein (psl), l’abandonnant ainsi à un moment décisif de l’histoire de l’Islam.

La réaction du despote de Damas ne se fit pas trop attendre et il envoya vers la Médine un criminel de guerre qui avait déjà servi son père en commettant suffisamment de massacres au Yémen pour qu’il puisse accomplir la mission la plus sale de l’histoire de l’Islam: investir la ville du prophète (pslp), tuer ses hommes, violer ses femmes et piller tous leurs biens ! L’histoire nous rapporte le chiffre terrible de huit mille hommes massacrés en une seule journée (la guerre de Harrah). Puis l’armée se dirigea vers la Mecque et sous l’ordre de Yazid ils ont détruit la Kaaba en utilisant la catapulte.

A l’époque de l’instabilité politique
Le règne de Yazid ne dura pas plus que 4 ans au bout desquelles il périt pour laisser son fils Muawiya au pouvoir.

Muawiya Ibn Yazid était un musulman sincère, il désavoua ses ancêtres et leurs crimes, se proclama innocent de tout ce qu’ils avaient commis et abdiqua en laissant un vide politique pour la première fois dans l’histoire de la dynastie omeyyade.

Entre temps, Abdoullah Ibn Zubair s’était proclamé calife à la Mecque et réussit à contrôler l’ensemble du califat islamique, à l’exception de Damas et ses environs où Marwan Ibn El’hakam se proclama calife et obtint le soutien de tous les notables syriens…

A la Koufa, Elmokhtar Ben Yousef Al Thaqafi, musulman révolutionnaire, prit le pouvoir au noir pour la vengeance de l’Imam Hussein (psl) et pour ses compagnons et réussit à capturer et à exécuter la plupart de ceux qui avaient participé au massacre de Achoura’.

L’armée d’Ibn Zubair taitensuite fin à l’insurrection d’Elmokhtar et l’ensemble du monde islamique, à l’exception toujours de la Syrie, qui demeura alors sous le règne d’Ibn Zubair.

Le règne d’Ibn Zubair se prolongea plus d’une décade au bout de laquelle Abdoul Malek, fils de Marwan réussit à conquérir la Mecque après l’avoir totalement détruite, la Kaaba comprise, en utilisant la catapulte. Le commandant de cette campagne barbare était un criminel de renommée redoutable : Hajjaj, qui fut nommé par la suite gouverneur de tout l’Est islamique à partir de l’Iraq et qui était le principal bourreau des révoltes des musulmans sincères et fidèles de Ahlul Bayt (pse).

Aussi bien sous le règne d’Ibn Zubair que sous le règne de Abdoul Malek Ibn Marwan, l’Imam As-Sajjad (psl) s’était éloigné de toutes les luttes de pouvoir et s’était consacré à la préservation et la protection de l’Islam authentique de toute sorte de déviation, comme nous allons le voir dans la dernière partie.

L’Imam (psl) et Abdoul Malek
Sachant qu’il n’était pas plus qu’un usurpateur de pouvoir, Abdoul Malek Ibn Marwan s’inquiétait beaucoup de la présence d’une personnalité telle que l’Imam As-Sajad (psl).

Tout le long de son règne, il mit l’Imam sous une surveillance stricte et le gouverneur de la Médine avait toujours l’ordre de l’espionner et de contrôler ses relations de très près.

Toutes ces restrictions n’eurent aucun résultat, puisque l’Imam As-Sajad (psl) savait bien que la génération de son père était meilleure que sa génération et que si l’Imam Hussein (psl) n’avait pas pu trouver le soutien nécessaire pour renverser le régime illégal des Omeyyades alors que les musulmans n’étaient pas très loin de l’époque du prophète (pslp). Toute tentative de transformation sociale ou politique sous la terreur du destructeur de la Kaaba serait vraisemblablement vouée à l’échec…

Et dans l’ambiance de la terreur omeyyade, l’Imam As-Sajad (psl) choisit de sauver ce qui pouvait ; notamment garder les principes de l’Islam de la falsification et empêcher le processus destructeur de la véritable religion de Dieu, processus analogue à celui qui avait défiguré la religion de Jésus (psl) et toutes les autres religions divines.

Malgré cette attitude de non intervention dans les affaires du pouvoir et les luttes politiques, l’Imam As-Sajad (psl) fut quand même arrêté et emporté à Damas chez Abdoul Malek Ibn Marwan qui fut obligé par la suite d’ordonner sa libération et permettre son retour à la Médine.

Face à Hichem
Après la mort de Abdoul Malek Ibn Marwan, son fils Hichem prit le pouvoir pour continuer la politique de son père : répression sans merci des adversaires politiques révoltés, et restriction et contrôle stricts sur les adversaires non révoltés.

L’histoire nous rapporte que l’Imam As-Sajad (psl) ne quittait jamais le champ de contrôle des espions de Hichem, mais il continua, malgré toutes ces restrictions, à diffuser calmement les préceptes islamiques fondamentaux à travers ses invocations célèbres qui se distinguaient par leur richesse spirituelle et doctrinaire inouï.

Source: islamshia

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